novembre 2007

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Imaginer (le retour)

« Le moment est venu de ne faire plus qu’un.
le moment est venu de détruire sa maison pierre par pierre.
le moment est venu de se lier les pieds et les mains et la langue et la tête.
le moment est venu de se précipiter corps contre corps, de se mêler corps contre corps, de fondre les corps dans les corps. le moment est venu de l’abandon et de l’anéantissement dans le gouffre glacial, aveugle, immobile grondant, et souverain de… »
B-M Koltès La marche

Sous les pas le temps, solide soudain, résonne au talon, marquant au corps pas à pas la vibration du passé qui pousse l’autrefois jusqu’au maintenant en un frisson. L’image se trouble un instant sous les yeux a ciller, revêt le costume d’avant, au même gris que celui du présent. La marche ne trouve plus rien du terrain souple coutumier qui d’habitude comme pousse au lendemain et roule, dans le dos, les vagues une à une d’hier, dont l’écume glisse aux talons un instant encore avant de s’abandonner à la mer du souvenu. Roulent encore au fond, dans l’attente d’un retour, peut-être, à la grève. Chaque pas à pas dans les os révèle tel grincement de la poignée, tel poids de la porte contre laquelle l’épaule — ces os là aussi — lance son présent et se heurte aux souvenus, lourd ; tel froid sous la dentelle lactée de la main, aux vertèbres saillantes sous la peau apeurée ; l’espace que l’extérieur ne présuppose pas et duquel naît l’écho ancien que la semelle écrase sur le béton poussiéreux ; de chaque horizon-mur à trois cent soixante autour se détache un mur, gris encore, que l’os connaît, il s’y voit s’y presser, s’en extraire avec image, sons, odeurs, y retourner une fois le regard passé. Ne plus marteler, pas à pas, clore sur prunelle, se creuser pour atteindre l’os et chercher les détails, serait renaître au présent, charpente comme neuve sous la chair, mais fissurée peut-être, prête à rompre, à se fendre, et s’écrouler jusqu’aux caroncules, ici au creux de la rémanence du temps. Frapper encore Chronos sous les pas ; sortir, trouver la porte vers le présent du dehors ; marcher encore jusqu’à ce que le sable se glisse en dessous à nouveau ; retrouver pour finir la mer lente dans le dos, alourdie elle aussi de tous ces os noyés, souvenus.

Imaginer (la pluie)

Vieille soudain.
Le dos, mal. Les yeux comme trop petit, et rougis un peu ; bien peu vu. Pourtant oir ne nécessiterais que la tête à tourner mais le cou ne le peut plus, encadré des épaules qu’habitent un lente douleur grinçant jusque dans les jambes, par l’arc des vertèbres soudées.
La montagne escalier devant attends : dans peu il faudra, marche à marche, bougie en main, aller faire lumière au plateau et rendre à chacun ces objets que la pluie a dispersés.
Quelques pas, lourds et lents en coulisses, aller guetter ce que la lumière murmure aux planches et que la musique leurs dit déjà. Encore. Ne pas autre qu’aller voir, encore. Lui glisser un au-revoir, encore. Comme les autres soir, encore. Quand les mêmes mitaines aux mains, la même accumulations de vêtements au corps. La jupe noire que ma main essoufflée soulève un peu pour glisser vers le public pendant qu’il s’installe. Une noix offerte, un bonbon poussiéreux.
Sur scène, Hanna, lentement, laisse A. souffler la bougie du souvenu, de la fatigue, celle de l’accumulation lourde à son corps comme soudain au mien. Il faut bien que ce finisse. Savoir que. L’accordéon égrainé dans le silence absolu de la salle. Son regard, d’elle à lui, dans la fumée de la soufflée. Puis, petits pas lui pour elle, aussi, vont la coucher au milieu des siens. De ceux qu’elle a choisi pour siens. Abandonne le gant qui était main. Bruit de velcro, les jambes rendues à l’ombre de la jupe pour qu’A. la porte un peu plus dans ses bras ; perdre pieds. Su déjà la main qui se dégage. L’autre qui couche la visage à sa paume-berceau. Il l’allonge. La couvre.
Le train va crier dans le noir qui tombe pour s’arrêter, encore, ils s’y entasseront jusqu’au claquement de la porte sur l’oubli.
A. me frôlera ; vieille, pour les doigts gourds à rallumer la bougie, pour les marches, pour la lumière au plateau. Sous le masque figé, tremblement aux dents, aller petits pas, ne te dandine pas, Olivier quelque part en tête. Loin. Souvenir de.
Tellement vieille soudain.

Musique : Toute information sera la bienvenue…

Imaginer (creux)

De ces vécus que les répétitions n’émoussent pas. Sus sans qu’ils soient craints, pas plus que cherchés, ou convoqués.
Oubliés presque jusqu’à ce qu’une fois la position prise — appuyé, demi-caché contre le bac du palmier chétif, guettant le cri de l’acier sur les rails — les souvenus déclosent du terreau où ils demeuraient pour se fondre en l’instant lui-même.
Si bien que rien ne saurait plus distinguer alors, dans le sentiment qui creuse le ventre, la part des épisodes répétés du visage attendu parmi la foule, de celle du moment présent.
Tandis qu’enfin immobile, le train libère les premiers et le poids de leurs bagages, on est à guetter un indice qui ramènerait au présent, et l’assurance d’être ici, attendant, dans la réalité simple de l’instant et de cette image-ci : la salle, l’attente, les regards qui cherchent, trouvent, les corps noués, l’intimité des bouches, le fracas des pas, des cris, qui plongent vers les bras attendus, une solitude qui passe sur valise à roulettes et les bancs jamais vides de l’attente ou de la solitude. On en est, l’échine piquante et les idées en carton qui cessent soudain dans un mouvement de mécanique rouillée, comme une pendule du présent restée figée dans le passé, mais qui penserait encore les secondes.
Même l’angoise de rater l’attendue dont on guette le visage pour y lire la surprise ne démêle pas les instants. Car bien qu’aucun des souvenus ne vienne corroborer cette possibilité de finir seul sur le quai nu, il est certain que ce sentiment occupait déjà leur passé, comme il semble occuper le présent. Sont-ce alors les souvenirs qui poussent le sentiment d’alors jusqu’à l’instant ou une peur nouvelle ce jour, telle qu’elle pouvait peut-être l’être les fois précédentes ?
Entre tous les inconnus que le regard effleure à peine, chercher un visage où poser le souvenir du visage. Faire que l’instant oublie le passé et que le reflux de la vague qui brûlait la poitrine lisse sur la plage des sentiments une douce étendue espérée.


Musique : « Rrrrrrr 1 : Ragtime-Waltz »
Mauricio Kagel (piano : Alexandre Tharaud)
(Qui sera rapidement retiré de ce site, oui, et immédiatement
sur toute demande de la maison de disque, naturellement)

Imaginer (pluie)

Nu. Serait nu — ou comme.
Et dressé. Nu et dressé. À l’attendre. Unique.
Pas une des innombrables autres, semblables dont on ne veux.
et qui passeraient, comme invisible à la peau.

Serait le temps. les heures.
Le froid. le vent.
Le vert, partout autour.

Tomberaient de haut, de très haut.
D’infiniment. pour l’image du nu, dressé dans le vert, à attendre sous la nuée des tombées infinies.
Visage offert. où les yeux. dressés aussi.
Le cou cassé pour la tête renversée.
Et les écarquillés à guetter sans cesse.
Comme si attendu qu’elle soit distinguée de toutes, unique pour ce qu’elle est espérée.
Alors qu’à moins que ce soient les écarquillés qui finalement la sentent, peu de chance sinon qu’il la reçoivent au moins qu’il l’aperçoivent.

Bras. impossiblement autrement que pendant.
(même impossiblement aux pieds ancrés).
Sur le front, sur les épaules, sur la bouche aussi, frapperaient celles qui ne la sont pas.
Encore et encore. sur toutes zones que la sensibilité inonde sous peau. Inonderait.
Chacune d’elles, sitôt tombée, passant. Plus goutte déjà. Vite chassée par la suivante non voulue non plus.
Toutes renvoyées au rien, avec le vent et le froid et le vert.

Elle. ne glisserait pas, ne ferait pas rigoles et sillons, agrégée aux autres.
Elle. sur cible-peau. Ploc. Là où de toujours attendue une fois que sentie.
Elle. fin de la patience.
Début. du début.
Du re-début.
Chaque sensible-peau, un à un, repartant au zéro unique de cet enfin-là. Et chaque sensible sous peau de même.
Cessant la nécessité d’oublier tout ce qu’avant l’attente. Longue au cours de laquelle rien d’autre que cet oubli pour combler.

Et l’espoir. L’oubli et l’espoir pour la patience.

Alors, à bout de patience, ploc, re-sentirait à nouveau, du début. Re.
Nouveau début.
Re-nouveau.

Imaginer (double bass)

Trois.
Deux et celui qui chante à l’oreille. Trois dans le noir. Non qu’ils ne soient pas éclairés. Au contraire. Seuls eux le sont. Mais tout l’immense reste n’est qu’obscurité. Tant obscurité que chacun n’est finalement qu’un, avec sa lumière, au creux du noir. Eux-même ne voient que du noir. Et s’ils ouvraient les yeux — ce qu’il feront peut-être à un moment — tout l’autour ne serait que noir de même. Tout sauf les deux autres, bien entendu, éclairés de même que celui qui regarderait alors. Les regarderait-il pour autant ? Rien n’est moins sûr. Qu’il soit celui qui chante à l’oreille ou un des deux autres, il préfère les écouter. Sans doute, s’ils ouvraient les yeux, regarderaient-ils le noir. Avec une préférence pour le noir qui se trouve juste en face d’eux. Il le faut, bien que tout ce qu’en face devienne une incertitude, un doute lorsqu’ils sont ainsi dans le noir. Quoi qu’il en soit, leurs yeux sont la plus grande partie du temps fermés. D’autant plus s’ils chantent à l’oreille. Non, pas ils, mais il, puisque un seul chante. Et pas vraiment à l’oreille. Elle est trop haute pour que, courbé comme il l’est, sa bouche y parvienne. Les autres aussi, bien qu’assis, sont en quelques sortes courbés, sans raison apparente de bouche ni d’oreille. Tout du moins les imagine-t-on facilement courbé. Comme on imaginerait tout autre qu’eux courbé de même dans cette situation. Pour entrer dans l’image.
Il lui chante à l’oreille surtout lorsqu’il est seul, ou tout comme seul puisque il ne l’est jamais totalement, les deux autres l’accompagnant dans cette boucle. Et, au fond du temps, chantant tandis qu’il la referme, il s’apprête à la reprendre pour eux. Chantera-t-il alors ? Peut-être, courbé comme il l’est, se laissera-t-il chanter à l’oreille à son tour. Quoi qu’en fait nul ne sache si, quand il chante, il chante pour ou avec. S’il accompagne, s’il souffle, imite, ou s’il encourage. Peut-être même ne chante-t-il ni pour ni avec. Peut-être n’est-ce que pour lui. Ce serait la raison pour laquelle il reste là, dans le cou, dans le noir, sans chercher l’oreille. Lui pour lui comme elle pour elle. Dans les bras l’un de l’autre sans nulle autre nécessité de communication. Marmonnant chacun pour eux, bercé par le crépitant d’à côté… non. Il chante à l’oreille, l’image est ainsi qu’il lui chante à l’oreille. Et qu’elle lui répond, l’accompagne, lui souffle ou l’imite, nul ne sait. Mais, toujours, le crépitant les bercent. Lui en fait n’était pas là au début. Il avait sa lumière, dans le noir, mais ne crépitait pas encore. Ils se sont tu pour qu’il se lance ; puis l’ont rejoint ; et depuis, à mesure que les boucles se bouclent, il crépite de plus en plus, avant de cesser à nouveau et de se taire à jamais comme les autre à l’issue de la dernière boucle.
Sans doute entend-il le chant. Bien que ce dernier ne soit pas à son oreille et que celle-ci ait le crépitant pour elle, il écoute le chant. Et le berce dans la boucle. Trois donc. Celui qui chante à l’oreille, le crépitant, et le troisième. Courbés sous la lumière, dans le noir. Pour l’image.

Et le son.

Musique : « You look good to me »
We get requests (1964)
Oscar Peterson (p), Ray Brown (b), Ed Thigpen (d)