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janvier 2008Imaginer (Tour Eiffel)Seul, sans que jamais ne le soit vraiment, tenu, en ces lumières, creux de nuit, sous le bois des planches disjointes de la passerelle des arts, et jusqu’en l’eau aperçue loin en dessous, par la résonance de ce qui porte, claudique pour un temps encore.
Imaginer (une page)Tomber en la page comme venant de nul part. Savoir qu’on sortira de même. Chercher entre les deux l’insaisissable voix. Elle est pourtant bien là, impalpable mais présente, partout et de longtemps. Reconnue à chaque relecture telle qu’elle le fut au jour du premier souffle lu. Bruissante au dedans comme jamais n’aurait pu l’être autrement. Les inflexions en écho dans les courbes — car pas tant monocorde, musicale, même — ne se laissant arrêter par rien. Ou plutôt ne faisant rien, mais le reste ne pouvant résister. Ou bien ce reste, cette existence autour qui lui cède la place ne le voulant pas. Pas l’envie de le vouloir ; se laissant transpercée, auditrice sourde le livre entre les mains, cependant que la voix, droit devant pas à pas depuis son aube, irait, inchangée à jamais. Et c’est ainsi qu’il faudrait la dire, face au micro. Sans frémissement, sans doute. Tout d’elle comblé et comme vide sitôt qu’elle cesse.
Imaginer (À coude)Tête à main. Jusqu’à coude pesant, lourd soudain sur la table. Et de là le retour. Ou comme. La remontée de la table jusqu’à l’épaule. Humérus planté. Ici, mécanique compliquée d’arches et de piliers, de voûtes aux clavicula complexes. Sternum, acromion, scapula, ça passe, invisiblement. Le temps de le dire c’est maintenant en toute la chaîne puisque le système est stable, que cela tient. Équilibre — dans le polygone de sustentation se projette, à la verticale, le barycentre du système.
Imaginer (Alors, il.)C’est déjà aujourd’hui encore le matin du renouveau qui s’éveille. Debout, en pieds, devant, on est soi et dans le dos, qui pousse, c’est une musique, qui glisse et caresse. Elle dit, susurre, ce que fut le passé et l’habitude nouvelle qui se faufile entre les jambe puis parcours un frisson jusqu’en haut. Une fois à l’apex rien ne cesse pour autant ; elle comme se prolonge loin, haut, tout en étant toujours chevillée au corps qui, lui, bloqué en ce qu’il est n’ose pas-même lever pour le regard de peur de rompe le lien, et qu’il reste, sans que derrière rien ne soit, ainsi, pour la peau en dessous et jusqu’à la racine des.
Imaginer (à suivre)Image, devant, que rien ne nie et rien n’affirme, reflet où le souffle ne fait pas buée et la main ne se glace pas ; image suivie dans laquelle l’hier se perd au loin, bien que reconnu ce lent frisson que l’année tourne, dépose — sur lequel on ne se retourne pas —, et que demain déjà comme singe. Miroir qu’occupe aussi, au centre, cette image sue de soi où seul le dos se montre ; que l’on voit mais qui ignore le regard quand elle devrait le refléter et avance sans qu’on parvienne à être elle ; aveugle immuable que le pas ne rattrape et dont l’abandon ne sait pas se laisser distancer. Chemin enfin au bas, sur lequel les traces innombrables ne clament pas moins l’inconnu, où nulle empreinte ne s’avoue être sienne, accueil où le pied repose en attendant le lit suivant. Avance sans que su qui, finalement, autre, ou autre de l’autre, guide.
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