anatomie

Imaginer (nuque)

Temps, qui d’autre sur les épaules, lourd parfois autant que pas assez d’autres, la nuque à le chercher et le fuir sans cesse selon, que dire sinon les étranges voies du désir par moment — jamais le bon. Sur cette nuque aussi, la peur ; tout juste ce que senti d’elle en fait, ce picotement qui saisi si souvent lorsque ignorant de ce qui suit, se glisse dans l’espace niché à la base du crâne et s’y arrête parfois. C’est au dos alors que retrouver la peur, par la présence du temps qui y cesse et scrute sa propre chute figée. Dans l’espace fin entre temps stoppé net et dos, ça frémi ; ça hérisse du dedans jusqu’à la peau au-dessus : tout toujours du dedans vers l’inconnu tout autour, traversant ce sac de soi sur lequel en l’occurrence perle la sueur, comme aspirée par le vide. Elle passe en réalité à force de frissons, immédiatement cristallisée au contact de quoi, la peur qui d’autre. Tout soudain glacé tout autour alors que pas plus froid l’instant d’avant, sinon la peur à la surface et l’aveu d’elle dans le frémissement. Tant glacée que pas certain finalement que cette surface là et ce qui y glisse soient de soi, mais sinon qu’y aurait-il à transpercer, et qui transpercerait, du dedans au dehors ? En réponse, frissons encore, du dedans vers. Traversée de soi qui hérisse, signe du tout s’échappant de ou aspiré vers, que préférer, par la peur, quand le temps cesse et lui laisse une place, mince, vers le corps inquiet où elle se glisse. Le froid et ses frissons passés, le temps reste le plus souvent muet au dos, pour quelle raison non su, jusqu’à ce qu’une fois la certitude acquise que tout s’achèvera en cet état, ou y stagnera sans plus jamais de retour, il reprenne. Jamais eu suffisamment de conviction pour échapper au bout d’un moment à l’idée que tout soudain cesse ou ne cesse de ne pas cesser, sans autre raison que quoi sinon le vide laissé par une peur révolue, l’est-elle vraiment ? Bien que le sol semble une plus grande vulnérabilité parmi les rampants et les miasmes, y plaquer le dos l’abriterait et faciliterait sans doute la reprise du temps et le comblement enfin d’un espace alors si petit que ce restant de nuque dégagée au dessus du sol ; quoique quand le temps pèse aux épaules il ne semble y avoir d’espace qu’il ne puisse occuper ; sinon pourquoi tant aux épaules ? Surtout allongé sur le dos n’offrirait plus à la peur que l’immense possibilité du devant et des yeux ; à laquelle le dos et la nuque sont finalement préférable. Attendre donc, debout encore, que cesse ce que supposée pour peur, ou son résidu que seul le temps craint encore, ou encore que ce dernier reprenne sa place, ou quoi d’autre sinon un de ces trois supposées ? Tandis qu’elle se croit perdue, clouée par la résignation dans l’immuable, le temps finalement repart, inespéré ; vite il comble son retard-trop et reprend son immuable. Qu’alors sinon sa totalité rendue au corps, se remplissant à nouveau jusqu’à la prochaine peur sans doute. En attendant, le lourd aux épaules, trop déjà. Retour également de l’oublié du devant que la nuque avait plié à son ombre, rendu aux deux yeux noirs n’ayant rien jusqu’alors, sinon le sol dans l’ombre ; et le temps, une révolution complète mettons, qu’ils y ont perdu. Au mieux. Au mieux, y avoir perdu une révolution complète.
Jambe, genou pour pied : un devant — qu’importe lequel, mais souvent le même —, puis la suivante : au pas.

Imaginer (À coude)

Tête à main. Jusqu’à coude pesant, lourd soudain sur la table. Et de là le retour. Ou comme. La remontée de la table jusqu’à l’épaule. Humérus planté. Ici, mécanique compliquée d’arches et de piliers, de voûtes aux clavicula complexes. Sternum, acromion, scapula, ça passe, invisiblement. Le temps de le dire c’est maintenant en toute la chaîne puisque le système est stable, que cela tient. Équilibre — dans le polygone de sustentation se projette, à la verticale, le barycentre du système.
Continuer :
Côtes, les plus hautes au moins, pour atteindre la colonne et de là marches à marches, en haut encore, cervicales tenues par les haubans tendus jusqu’à l’occiput. Quelles proportions pour quelles apophyses, quelle transverse ? Ça passe, se glisse. Étage par étage les système trouve un état stable en attendant le suivant. Axis, atlas ; le crâne enfin. Ici c’est soudé de longtemps, la croissance à décidée de figer à jamais. Seule la mandibule s’agite encore parfois, mais pour l’heure elle est fixe, en ce repos paradoxal qui nécessite le travail des muscles. L’ensemble forme grossièrement une boule posée, endormie dans la paume pour la joue, peau à peau, tant qu’unique peut-être. Tête-main, jusqu’au coude. Pesant.
Un soupir ? Ça bouge, gonfle, ébranle.
Recommencer.

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