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assisImaginer (reprise)Assise, il fallut bien qu’enfin à défaut de fin se lève et reprenne le pas. Sans autre raison que le défaut dans lequel le tremblement s’installait. Pas même l’idée que les l’un après l’autre au sol puissent aller contre le tremblement, alors que tant de possibles ; comme celui, simplissime, que l’ébranlement pas à pas couvre en volume les salves régulières du dedans. Et nombres autres possibles encore, s’échouant un à un en pas même non plus.
Imaginer (des jardins)Assise sur le banc là à trembler encore, attendre. Quoi ne sait. Qu’il cesse sans doute. Ou l’oublier. Qu’il se fasse, plutôt, puisque rien à y faire. Lent tremblement profond à frapper sans cesse. Tout de l’autre de toujours en poitrine mais sans la rassurante régularité, l’art de se faire oublier de celui qu’on tremble. Le récent tremble par bourrasques, par grincement sous la peau ; et loin sous elle. De cette posture de tremblement découvrir plus haut, loin autour, les jardins de la ville, perchés dans le béton et la pierre. Vert.
Imaginer (mise au flou)Assise, encore assise. Ou debout. Qu’importe comment : ne pas bouger. Pas plus loin. Ni en arrière, ni en avant. Veiller au balancement, seul compte l’ici. Nul autre point où rester. Monde encore flou bien entendu, mais un rien de netteté en son creux. Et si ce n’en est que l’impression de, la garder pour l’éclaircissement qu’elle est malgré tout. Sans que plus de lumière, non, éclaircissement comme possible distinction d’un rien issus du tout mal visible bien qu’assurément vu — l’aveuglement ne saurait être cet indicible insuffisamment discerné. Tout juste sourdement un cris sourd juste à côté. Y laisser l’oreille, mais pas un regard, l’envie du regard. Ne pas le risque de perdre le point de l’instant, son dégradé en corolle vers l’impalpable autour.
Imaginer (cerf-volant)Assise finalement cependant que debout depuis le matin. Depuis le matin tôt, debout de places en places, au rythme quotidien des jours d’hier. Ayant finalement cédée à cette soudaine nécessité de l’assis, tandis que passant devant cette place où s’assoir sans que jamais ne s’y soit jamais auparavant. Et jamais tant eu l’idée que la nécessité de le faire bien qu’y passant souvent ; au point que n’ayant jamais vraiment vu cette place pour assis ou une des autres, pour assis aussi, parfois non présents malgré leurs ombres encore longtemps gravées. La leur ou celles ce ceux à venir. Assise donc à l’une des places qu’elle ignore au long du jour, que d’autres y soient ou pas, cependant qu’elle, de places en places, rythme des jours d’hier. Non pas assise à cause du tremblement survenu depuis qu’a cessé le pas. Ça su. Le tremblement non-cause. Pas même un pressentiment de tremblement, une anté-idée. Car jamais n’en a connue de cette sorte, lent et profond, comme issu d’un autre qu’elle qui l’aurait prise dans ses bras jusqu’à lui communiquer ces sursauts trop réguliers. Est-il pressentiment possible d’un inconnu ? Une crainte d’un non advenu qui n’aurait d’autre expression que la nécessité soudaine de l’assis ? Non su. Ne tremblerait alors pas mais serait tremblée, lentement tremblée comme bercée. Nul froid non plus qui l’y pousse — elle a même plutôt chaud, assise sous le poids des couches accumulés qui l’assaillent. Elle n’en tremble pas moins, sans qu’aucune partie de son corps n’en porte la moindre trace, le moindre frisson sous la chair. À regarder ses mains un fil en partirait, haut, souvenir d’un cerf-volant qui, grondant si loin qu’un rien finalement vu au vent, raisonnait dans son fil son combat perdu, jusqu’à la rupture qui la laissa seule, le souvenir entre les mains du soudain creux qui l’envahi alors.
Imaginer (mise au flou)Assise, encore assise. Ou debout. Qu’importe comment : ne pas bouger. Pas plus loin. Ni en arrière, ni en avant. Veiller au balancement, seul compte l’ici. Nul autre point où rester. Monde encore flou bien entendu, mais un rien de netteté en son creux. Et si ce n’en est que l’impression de, la garder pour l’éclaircissement qu’elle est malgré tout. Sans que plus de lumière, non, éclaircissement comme possible distinction d’un rien issus du tout mal visible bien qu’assurément vu — l’aveuglement ne saurait être cet indicible insuffisamment discerné. Tout juste sourdement un cris sourd juste à côté. Y laisser l’oreille, mais pas un regard, l’envie du regard. Ne pas le risque de perdre le point de l’instant, son dégradé en corolle vers l’impalpable autour.
Imaginer (balcon)On s’assoira, ce jour, on montera vers, le bord du zinc fatigué qu’une mousse rase tatoue par endroits. Le froid à la peau, le frisson qui parachèvera l’isolement dans lequel un peu depuis la nouvelle.Ça passe. D’ici la ville et ses rues tracent les voies infinies qui parsèment la chênaie, toits et façades et fenêtres et halos de places en places. Et percée de la rue, sa rumeur dans la pente vers la clairière et son métro. Tout cet espace replié en les murs épais et les secrets de soi non sus et qui résonnent parfois derrière les lourdes tentures, aux pas des autres sous le lu. Replis pourtant, en lignes et paragraphes, et strates de pages, séparées les unes des autres — cahiers dit-on — il y a longtemps maintenant, mais qui gardent le sillon de ce couteau avide dans le vif du texte. Espace soudain qui ne connaît pas de deuil, s’extirpe du blockhaus au milieu de la foule en guirlandes ; infini déployé soudain qu’on voudrait dire, expliquer, comment l’on a scruté la mer et supposé la voile, comment le hameau bruissait d’où « elle sortant de la nuit chaque matin toute nette et claire, comme un galet d’où se retire le torrent. ». Espace et chemins dans l’infini littérature ; non pas direction mais signes simplement des possibles à jamais qui se travaillent pierre à pierre.
Musique : Second mouvement (andante) de la
Sonate pour violoncelle et piano en ré mineur op.109 de Gabriel Fauré
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