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Imaginer (aube)

Bitume, bitume, bitume.
Sur le luisant retour.
Les cicatrices familières, rigoles sans source ni delta, encadrent de petits champs teintés de gris variés, ocellés de chewing-gum morts que rien ne lavera plus.
Et, pour chaque parcelle, une date, gravée lorsqu’encore malléable le bitume fumait. Vie ou mort ? Où la stèle de ce tombeau ? Qu’en dessous ?
Cadavre de ville desous le macadam.
Babil de communications, cavalcade d’électrons, lentement dilacèrent les rues pavées enfouies, maisons et caves en décomposition, jardinets, et escaliers aveugles. Tandis que de pseudo-nappes corsetées de cuivres digèrent les derniers reliefs, ne reste sous la tombe qu’une terre livide, d’où rien jamais ne pousse.
Certaines graines s’y essaient, champignons ou chênes, rident le front élastique jusqu’à ce qu’à force de vague le tombeau se fissure.
On comblera bientôt, cette mort qui persiste jusqu’à nier l’oubli.

La ville cepandant qui bourgeonne et s’étale, belle sous la pluie comme lorsqu’aux toit lointains glissent des langues bleus qui teintent les fenêtres.

Nul besoin pour ce, de ce terreau stérile, scellé de gris daté.

Penser ici parfois,
passant,
déposer en pensé,
le vert de quelque houx,
et des fleurs-bruyères.

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