Imaginer (redondance)

Sac, duquel pas d’autre choix que tirer ce qui s’y trouve. Mots et idées et sons. Sons aussi. Palpés lentement dans le noir, la peau rougie de la main contre la toile raide. En chercher un dont la résonance tremble lentement un peu plus loin dans l’obsucurité, l’espérer autant que le savoir à portée de. En croiser d’autres, effleurer les images, frémir de ce à quoi elles renvoient — une odeur parfois dans le sac, fouilles encore —, les routes nouvelles, chapelet incertains. Ne pas. Ou si, justement, dévier parfois. L’autre route avec regret, la peur déjà, de celle qu’on ne prendra plus, la bifurcation perdue ou définitivement cassée. Se pourrait-il que quelques uns s’échappent ? Pour où ?
Saches que jamais encore n’as atteint le fond, que souvent c’est sur le vide que se clôt la main — appris à l’aimer, celui-là, tant il est du sac autant que le reste —, que d’aucun ne sont pas cachés si loin, pas caché, que les fuis en fait, un peu, sitôt qu’en leur parage, leur tournes autour sans doute, ou qu’eux te narguent. Imagines leur présence, ce qu’ils sont. Et leurs voisins vers lesquels reflues finalement.
Saches encore que le rouge à tes mains marque l’évidence revêche des limites de ton sac. Il faudra bien faire avec.
Et que s’il n’en est pas qui s’échappent bien qu’oublié un peu, reste l’idée qu’il puisse en rentrer.
Leur faire une place.