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pasImaginer (grève)Retour au lieu de première phrase, nul désir précis de celle-ci depuis qu’abandonnée ou presque, mais souvenir vivace de l’instant d’alors — un an — maintenant que frappé à nouveau, cependant que passant l’habituel ruisseau du jour qui fait falaise dans le sable ; même musique lente scansion comme contre l’étendue offerte, métamorphose perpétuelle, à corps soudain jusqu’à l’évidence qui porte aux doigts et leur nécessité au clavier — en attendant saisir la musique sur qu’importe tant que vive, cette crainte toujours d’une évanescence du sentiment le plus clair, alors chercher l’abri, papier ou autre, qui lui préserverait son ondulation. « Pas un jour où tu n’y soit descendu. Descendu puis remonté, sitôt la lisière atteinte. Pas un jour, même chemin, descendu puis remonté… » Pourtant ne pas, ni descendre, ni remonter, suivre une parallèle mouvante, régulièrement déviée par l’écume qui vient presque lécher parfois. De même que n’ayant rien su faire de cette phrase, tenter de ne pas laisser la moindre trace derrière soi, ne pas se retourner pour le vérifier, mais dans le doute s’en rendre plus léger encore à chaque pas, pas flutés entre les minuscules terrils, les orifices, s’imaginer tel ces oiseaux là qui valsent avec les élans de mer perché sur leurs courtes pattes si vives. Re-gagne alors l’envie de s’y pencher à nouveau, que le hoquet cesse pour le souffle apaisé mais vivant. Certitude d’impériosité, contre évidente incapacité. Marée inconnue, puissante et presque solide, contre le sable finalement immuable de la grève placide.
Imaginer (arpeggione)Arpeggione d’un froid printemps, bleu quelques nues timides, pâles pétales, tronc pelé, branches fraîchement rafraîchies — on porte encore écharpes foulards cheikhs —, nouvelle lumière aux façades blanches à nouveau, frisson de sève et frissons, frissons, invisibles piaillements à fleur d’oreilles, invitation au pas, oubli des bitumes tatoués, roulement de talons, montée dans laquelle l’eau a coutume de chanter ruisseau à l’aube propre, entre roues et trottoirs, comme elle dévale tout à l’égout, rouille a ronger le froid acier d’hivers au sol, abandon du dos sur briques à cuire, rouge monde derrière le bas des paupières, iris cachés, trop tôt pour tâcher le vert, mais s’y rouler déjà à souffle court, rallonge du jour jusqu’à la nuit et de l’autre côté du ventre-monde à s’arrondir ; ça frémi, tremble, et tape. PS : oui, je trouve que Martha Argerich est un peu trop sur ses basses, et d’aucuns auront sans doute d’autres versions à proposer… dont, sur youtube, celle de Yo-Yo Ma, mais pas de lien possible ici. Mais je voulais un alto… Accepte toutes idées de versions autres.
Imaginer (dépasser)À marcher donc. Les l’un après l’autre pas plus pointe que talon, large contact au sol de l’ensemble du pied comme plomb pour retour quotidien plaqué au sol encore. Jusqu’où encore ? En attendant — quoi — du dos parviennent des sons, de plus en plus des pas à mesure qu’ils s’approchent, de plus en plus ils montent, inconnus pourtant toujours dans le rien qu’est un pas, jusqu’à hérisser la nuque. De loin derrière jusqu’à toucher presque avancent plus vite que ses pas à pas à elle et dépassent finalement, comme ignorant la nuque qu’ils croisent et qui se tendait pourtant à rompre de leur arrivée. Bruis de pas de loin puis rien d’autre que le dos s’éloignant loin devant de moins en moins pas, s’éloignent bruits et dos en emportant la peur qu’ils avaient soufflée là, dans la nuque ; un souvenir froid y reste comme attendant la suite.
Imaginer (reprise)Assise, il fallut bien qu’enfin à défaut de fin se lève et reprenne le pas. Sans autre raison que le défaut dans lequel le tremblement s’installait. Pas même l’idée que les l’un après l’autre au sol puissent aller contre le tremblement, alors que tant de possibles ; comme celui, simplissime, que l’ébranlement pas à pas couvre en volume les salves régulières du dedans. Et nombres autres possibles encore, s’échouant un à un en pas même non plus.
Imaginer (chute)Pas à pas, je tombe. Je ne vais pas, ni ne le suis encore : rien de l’avenir ne me concerne plus ; quant au passé je l’ai oublié. L’instant seul m’importe, et donc ce maintenant pendant lequel je chute, qui m’ensevelit dès à présent sous mes propres pas. Chacun d’eux, l’un après l’autre, me confirme cette sentence.
Imaginer (nuque)Temps, qui d’autre sur les épaules, lourd parfois autant que pas assez d’autres, la nuque à le chercher et le fuir sans cesse selon, que dire sinon les étranges voies du désir par moment — jamais le bon. Sur cette nuque aussi, la peur ; tout juste ce que senti d’elle en fait, ce picotement qui saisi si souvent lorsque ignorant de ce qui suit, se glisse dans l’espace niché à la base du crâne et s’y arrête parfois. C’est au dos alors que retrouver la peur, par la présence du temps qui y cesse et scrute sa propre chute figée. Dans l’espace fin entre temps stoppé net et dos, ça frémi ; ça hérisse du dedans jusqu’à la peau au-dessus : tout toujours du dedans vers l’inconnu tout autour, traversant ce sac de soi sur lequel en l’occurrence perle la sueur, comme aspirée par le vide. Elle passe en réalité à force de frissons, immédiatement cristallisée au contact de quoi, la peur qui d’autre. Tout soudain glacé tout autour alors que pas plus froid l’instant d’avant, sinon la peur à la surface et l’aveu d’elle dans le frémissement. Tant glacée que pas certain finalement que cette surface là et ce qui y glisse soient de soi, mais sinon qu’y aurait-il à transpercer, et qui transpercerait, du dedans au dehors ? En réponse, frissons encore, du dedans vers. Traversée de soi qui hérisse, signe du tout s’échappant de ou aspiré vers, que préférer, par la peur, quand le temps cesse et lui laisse une place, mince, vers le corps inquiet où elle se glisse. Le froid et ses frissons passés, le temps reste le plus souvent muet au dos, pour quelle raison non su, jusqu’à ce qu’une fois la certitude acquise que tout s’achèvera en cet état, ou y stagnera sans plus jamais de retour, il reprenne. Jamais eu suffisamment de conviction pour échapper au bout d’un moment à l’idée que tout soudain cesse ou ne cesse de ne pas cesser, sans autre raison que quoi sinon le vide laissé par une peur révolue, l’est-elle vraiment ? Bien que le sol semble une plus grande vulnérabilité parmi les rampants et les miasmes, y plaquer le dos l’abriterait et faciliterait sans doute la reprise du temps et le comblement enfin d’un espace alors si petit que ce restant de nuque dégagée au dessus du sol ; quoique quand le temps pèse aux épaules il ne semble y avoir d’espace qu’il ne puisse occuper ; sinon pourquoi tant aux épaules ? Surtout allongé sur le dos n’offrirait plus à la peur que l’immense possibilité du devant et des yeux ; à laquelle le dos et la nuque sont finalement préférable. Attendre donc, debout encore, que cesse ce que supposée pour peur, ou son résidu que seul le temps craint encore, ou encore que ce dernier reprenne sa place, ou quoi d’autre sinon un de ces trois supposées ? Tandis qu’elle se croit perdue, clouée par la résignation dans l’immuable, le temps finalement repart, inespéré ; vite il comble son retard-trop et reprend son immuable. Qu’alors sinon sa totalité rendue au corps, se remplissant à nouveau jusqu’à la prochaine peur sans doute. En attendant, le lourd aux épaules, trop déjà. Retour également de l’oublié du devant que la nuque avait plié à son ombre, rendu aux deux yeux noirs n’ayant rien jusqu’alors, sinon le sol dans l’ombre ; et le temps, une révolution complète mettons, qu’ils y ont perdu. Au mieux. Au mieux, y avoir perdu une révolution complète.
Imaginer (aussi, peut-être)C’est crier, aussi, peut-être, que d’être debout ;
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